Le Chromosome Baladeur. S2.E1. « Tichy ».

Résumé de l’épisode précédent : Adam et Ève partent chacun de leur côté après avoir pris la précaution de se rendre invisible, lui pour rechercher le nom de la personne sur Mars au courant de son statut, elle pour retrouver Ivan et Priscille dans le temps. Quand Ève revient sur Mars Adam a disparu avec l’astronef.

     Dans l’après-midi du cinq juin 2062

Pitch : : Contrarié par la désobéissance d’Ève, Paul s’isole dans un endroit secret pour demander à son meilleur ami, comment s ‘y prendre pour contrôler sa fille. Jonathan lui propose une stratégie. Pour la mettre en œuvre ,Paul s’apprête à tester le masque que Jonathan lui a envoyé mais il est interrompu par l’arrivée de Marie.

Dans le dédale des couloirs végétalisés de Mesa-Point, Paul chemine le regard fixe; Sultan un labrador noir le suit.  Il se dirige vers Tichy, un endroit secret dont l’accès est dans l’angle mort des caméras de surveillance.  Quand il se positionne dans le faisceau de reconnaissance faciale, un pan de roche bascule lentement et ouvre sur un passage étroit. Paul se glisse à l’intérieur, Sultan le suit. L’entrée se referme automatiquement dans le plus grand des silences. Ici, il est invisible pour Watson-junior et n’est joignable que par Marie.

Le couloir étroit débouche sur une pièce dont les parois circulaires offrent un paysage en trompe-l’œil, avec à perte de vue, un horizon marin, cerné d’un côté par une forêt luxuriante et de l’autre par une plage de sable blond qui donne une impression d’espace immense. D’un claquement de main le décor peut passer de la mer à la forêt tropicale, du désert à des sommets dont il peut dévaler virtuellement les pentes enneigées. Tout ce qu’il a laissé derrière lui en suivant par amour Marie dans le désert minéral de Mars, se trouve là.

Paul prend le soin de désactiver Sultan, après avoir effacé de sa mémoire les minutes précédentes. Ici, il est sûr de pouvoir parler de sa fille avec son ami Jonathan en toute tranquillité. Ève lui échappe depuis qu’elle a découvert les voyages spatio-temporels. Elle leur fait prendre des risques en transgressant les règles de la communauté. Jonathan qui est son parrain va sûrement l’aider à trouver une solution.

Les communications en direct avec la Terre sont possibles depuis peu. A une époque encore récente, les messages mettaient entre vingt et quarante minutes, pour parcourir la distance qui sépare les deux planètes en fonction de l’endroit où elles se trouvaient dans l’espace.

Paul active le canal qui lui est spécifiquement dédié et attend que le phénomène se reproduise. Jonathan lui avait fait une sacré surprise la première fois qu’il avait vu l’hologramme de son ami se matérialiser progressivement devant lui. Cette fois-ci Jonathan joue les passe-murailles en sautant à pieds joints dans la pièce.

—Hello Paul ! Quelle bonne idée de m’appeler ! 

Paul reste sans voix. Son ami est terriblement amaigri. Jonathan devant son silence s’exclame : 

—Ne fais pas cette tête-là ! J’aurai préféré attendre avant de te parler mais c ‘est la troisième fois que tu essayes de me joindre. Bon, j’ai un problème de santé mais c’est sous contrôle. C’est le foie, une tumeur primitive. 

Paul encaisse la nouvelle, il contrôle sa respiration et l’emballement de son cœur mais c’est d’une voix sans timbre qu’il s’adresse à son ami.

—Quelle nouvelle Jonathan, je suis sous le choc ! 

Jonathan immobile lui répond :

 —Ne t’inquiète pas. Ils m’ont prélevé un lobe et sont en train de me fabriquer un organe tout neuf. La transplantation hépatique est prévue pour le mois prochain. C’est un robot qui m’opère, les statistiques donnent 95% de réussite, je suis confiant.

—Comment te sens-tu ?

—Je ne digère plus rien et je perds du poids mais la prochaine fois qu’on communiquera ce sera une histoire ancienne.


Paul s ‘approche de l’hologramme avec l’envie de prendre son ami dans les bras mais l’image sans consistance reste insaisissable.

— C ‘est pour cette raison que tu étais injoignable depuis deux mois ?

Jonathan l’air désolé :

— En partie oui, je dois me reposer souvent pour tenir le coup. Je ne voulais pas t’inquiéter inutilement. Sinon, et toi ? Quelque chose ne va pas ? Je te trouve préoccupé.

Paul baisse les yeux,

—Les enfants ce n’est pas facile ! Ève m’échappe, mais tu dois savoir ce que c’est !

Jonathan un sourire aux lèvres lui répond :

—Ne m’en parle pas ! pour rien au monde je ne voudrais revivre cette époque. Comment s’est passé son anniversaire 

—Ève fait des prouesses avec ton casque. Les voyages spatio-temporels la passionnent, elle se débrouille comme un chef. Mais tu sais ce qu’elle m’a fait ? Elle a complètement ignoré les consignes que je lui avais donné et ça fait cinq jours que ça dure.

La main inconsistante de Jonathan se pose sur l’épaule de Paul.

—Écoute vieux, J’ai l’impression de m’entendre avec Basile il y a vingt ans !

Paul reprend :

— Justement, tu es passé par là avant moi, j’espérais que tu pourrais m’aider. Mais je suis honteux de te demander ça, alors que tu te bats contre ton cancer.

Paul reçoit l’éclat de rire de Jonathan comme une claque qui lui fait un bien fou.

—Je suis son parrain Paul ! Si tu savais ce que mon fils m’a fait subir à quinze ans, je trouve ma filleule très précoce du haut de ses dix ans.

L’hologramme de Jonathan s’installe confortablement sur un siège, Paul l’imite avant de rajouter :

—Tu as raison j’ai l’impression d’être en face d’une ado de 15 ans. Je me revois au même âge pester contre mes parents.

Jonathan se penche vers son ami :

—Il me faudrait une journée entière pour te raconter comment Basile a failli nous rendre fou sa mère et moi. J’ai même une fois été le rechercher au commissariat de police. Il avait parié avec ses copains qu’il était capable d ‘enfiler tous les sens interdit de la ville avec sa vespa sans se faire attraper ?

Paul sourit

—Tu m’avais raconté cet incident, tu étais dans tous tes états.

Jonathan la main droite tendue :

—Et bien vois-tu, ce voyou est devenu ingénieur spatial.

—Comme tu dois être fier de lui.

—Tu te rappelles que son rêve était de vous retrouver sur Mars ?

—C’était un gamin, il n’avait que dix ans !

Paul voit son ami se pencher vers lui :

—J’ai assisté au départ de la dernière navette qui arrive sur Mars avec une équipe d ‘ingénieurs. Mon fils en fait partie.

Paul les sourcils relevés :

—L’équipe qu’on attend pour la troisième cité qui est en construction ?

— Oui, tu vas avoir un choc, c’est mon portrait craché. C’est un homme maintenant.

Paul s’esclaffe :

—Quelle bonne nouvelle, je vais être si heureux de travailler avec lui.

—Tu n’imagines pas pire adolescent pour ses parents alors ne te fais pas trop de souci pour Ève. C’est un mauvais moment à passer.

—On a été obligé de lui reprendre la bague en attendant de maîtriser la situation, sous prétexte de la dupliquer

—On a fait une copie il me semble, quand tu as décidé de la lui offrir pour ses dix ans.

—Oui, c’était la précaution à prendre. On a déjà vécu toi et moi la perte de nos données numériques. Tu te rappelles le drame que ça a été, de ne plus avoir nos photos d’enfance ?

— Comment pourrais-je oublier cette catastrophe planétaire. La mort du cloud végétal ! Quelle invention géniale, cette plante qui pouvait sauvegarder dans son ADN un stock illimité de données à mesure qu’elle grandissait alors que le tous les serveurs étaient saturés. C’est arrivé juste au moment où je venais de mettre au point la puce qui a fait ma fortune.

— Oui, ma grand-mère Astrid qui pensait retrouver toutes ses photos grâce à toi avait accepté d ‘être ton cobaye pour tester ton prototype.

 — Quel voyage délicieux on avait fait avec elle, dans la Tesla noire, que ton père nous avait prêté pour l’occasion. Nous n’avions pas imaginé quand nous avons été enregistrer sa mémoire qu’un jour ta fille en serait le récipiendaire.

 —Cette Chipie veut embarquer Adam dans l’aventure. Marie a l’impression de se voir au même âge.

—Elle n’a pas conscience du danger qu’elle vous fait courir. Il serait temps que tu lui expliques un peu de quoi il retourne.

— On ne voulait pas polluer son enfance avec ces histoires, mais tu as raison, il va peut-être falloir qu’on le fasse.

— Parles lui des précautions que nous prenons toi et moi pour pouvoir parler en toute liberté. Dis-lui que la mémoire de ta grand-mère est le dernier témoignage du passé de l’humanité. Que tout le reste a été perdu, effacé. Et que si ce secret était éventé vous pourriez être mis au ban de la communauté.

—Tu te rends compte de ce que tu me demandes. Je ne veux pas faire peur à ma fille.

Jonathan se remet debout :

—Et pourtant il va falloir trouver un moyen pour qu’elle comprenne l’enjeu. 

Pendant qu’il fait les cent pas se creusant la tête son hologramme disparaît de la vue de Paul absorbé d’un côté puis de l’autre par les parois circulaires. L’espace dans lequel il évolue sur Terre est plus large que la grotte de Paul.

Il finit par s’arrêter devant Paul les deux mains sur les hanches. 

—Il faut  trouver une solution à ton problème. 

—Adam a réussi à libérer Ève en la rendant invisible pour Watson-Junior. Elle dit qu’il est bien plus malin que ce grand manitou qui le contrôle.

Jonathan scrutant le visage de son ami :

— Est ce que l’emprise d ‘Adam sur ta fille te préoccupe ?

Paul sursaute :

— C ‘est l’impression que je te donne ?

Jonathan adoucit sa voix en regardant ses chaussures :

— Non, loin de moi l’idée que tu puisses être jaloux de ce robot, mais tu en parles un peu comme d’un rival. Tu as l’impression qu’Ève lui fait plus confiance qu’à vous ?

—Oui, c‘est incontestable, Adam a pris le pas sur nous. Je me demande ce qui va arriver le jour où elle tombera amoureuse. Tu vois ma fille n’a que dix ans et je t’en parle comme si elle en avait vingt ans. Peut-être que les conditions dans lesquelles elle a grandi, l’ont fait mûrir plus vite.

Jonathan qui écoute son ami s’épancher reprend la parole :

—Je comprends que ce soit difficile. Adam est devenu un super papa qui exauce le moindre de ses désirs, toujours présent, jamais fatigué. 

—Comment faire ?

— Tu me dis qu’Adam peut se rendre invisible, donne-lui des plages où il va pouvoir vivre sa vie ou aider Marie dans ses tâches, occupe le pour être seul avec ta fille plus souvent. 

—  Tu as raison Ève a besoin d’autre chose maintenant qu’elle grandit. Je vais libérer du temps pour elle. 

Jonathan réfléchis une main sur le front tout en se rasseyant. 

—Est ce que tu as essayé le masque que je t ‘ai envoyé avec celui de ta fille ?

—Je n’ai pas encore trouvé le temps de le faire.

—Tu vas en avoir l’occasion, tu vas essayer un truc. 

—Dis voir !

—Que dirais tu de faire les voyages spatio-temporels en duo avec elle, c ‘est possible avec ces masques. 

—C’est une idée géniale, comment n’y ai-je pas pensé ?

—Ton angoisse a occulté la solution. 

—Tu as parfaitement raison.

—Sache qu’éduquer un enfant est la chose la plus dure au monde. Le mieux qu’on puisse faire c’est de l’aimer, lui donner confiance et de permettre à ce petit être qui grandit à prendre son envol en toute autonomie. Programme des têtes à tête avec elle dans ta grotte secrète.

—Merci Jonathan c’est ce que je vais faire. On ne pensait pas avec Marie déclencher un tel tsunami. On a l’impression d’avoir ouvert la boîte de Pandore. Je vais te faire parvenir sa dernière composition au violon qu’elle nous a joué le lendemain de ses dix ans. Marie a réussi à l’enregistrer. Ça ressemble aux trilles du diable de Paganini, tu en jugeras. 

— Il me tarde d’entendre ça, ta fille n’est pas ordinaire Paul, je suis fier d’être son parrain.

Paul lui rend son sourire en goûtant ce moment de communion avec son meilleur ami. 

—Raconte-moi un peu comment ça se passe pour vous sur la Terre. 

—Il faut que je te parle de la dernière folie des hommes. Sais-tu ce qui fait fureur ici-bas et ça n’augure pas de progrès pour notre civilisation.

 Paul tout ouïe : 

—Non, racontes!

Jonathan explique:

—Le plus gros fournisseur de contenus médiatiques, a remis au goût du jour les jeux du cirque pour flatter les instincts les plus primitifs de sa clientèle. 

—Comme ceux que Pierre Boulle décrit dans son livre de politique fiction qu’on a adoré quand on était jeune ?

—C’est bien pire que ce que décrivait Pierre Boulle, les produits virtuels n’arrivant plus à réaliser le chiffre d’affaires, pour faire remonter les profits, ils proposent en télé-réalité, du sang, des vies.  Les acteurs sortent des écrans et donnent l’illusion aux spectateurs de se battre devant eux avec les cris, l’odeur de la sueur et du sang et une bonne moitié de la planète passe ses journées à secréter de la dopamine* amassés dans des arènes virtuelles à hurler pour son héros oubliant que seule la mort départagera les gladiateurs. 

—C’est fou ! Mais c’était prévisible cette escalade du plaisir à court terme. C’est une régression regrettable de l’humanité. 

Jonathan que le sujet passionne lui répond :

— Les médias ont su faire le hold-up de la disponibilité mentale qui s’est dégagée depuis que l’homme s’est affranchi de sa servitude grâce aux progrès de la technologie.

Il rajoute avec exaltation :

— Ceux qui ont choisi d’exploiter ce temps cérébral disponible de façon intelligente devront pour survivre descendre dans « les tranchées des réseaux sociaux » pour détourner de ces paradis artificiels les jeunes qui feront le monde de demain.

Paul sur le ton de la confidence:

 — Je sais que dans ma famille certains se sont exclus de cette communauté refusant de suivre le troupeau au prix de sacrifices énormes. Ils n’ont plus accès aux services gratuits de santé et l’administration leur mets des bâtons dans les roues, tout est compliqué pour eux. 

Jonathan :

—Sois confiant Paul ce monde souterrain est en train de s’organiser, il s’amplifie et resurgira.  Tu n’empêcheras jamais l’intelligence humaine de refaire surface. Un jour elle triomphera. 

—Le modèle que nous avons réussi à créer sur Mars n’a rien à voir ce que vous vivez sur Terre. J’en veux pour preuve la liste d ‘attente des Terriens qui se bousculent pour nous rejoindre. Ici, l’ennemi public c’est l’univers dans lequel nous vivons, nous devons tous faire front contre lui pour survivre. Chaque journée sur Mars est une partie d ‘échecs dont nous sommes les gagnants depuis vingt ans.

 —Je le sais Paul et heureusement vous êtes le fanal qui éclaire la nuit que traverse l’humanité sur la Terre, vous redonnez de l’espoir à ceux qui résistent. 

 —Nous sommes tellement éloignés de votre façon de vivre, nous sommes obligés de miser sur le long terme.  Avec cette troisième cité qui va sortir du sol et l’arrivée de ton fils parmi nous la vie va être encore plus passionnante. Mais parle-moi un peu de lui avant que notre plage horaire ne nous sépare.

Jonathan décroise les jambes et se penche en avant comme pour se rapprocher de Paul.

—Basile n’avait qu’une idée en tête, c’était de vous rejoindre et il s ‘en est donné les moyens. Dès que le plan d ‘urbanisation de Mars a été validé, il a orienté ses études pour faire en sorte d’intégrer l’équipe qui arrive par la prochaine navette. Il a un mental de dingue quand il a un objectif à atteindre il y met toute son énergie ! Où en êtes-vous de votre projet ?

Paul sourit à son ami imaginant cette personnalité qu’il a connu enfant:

— Il y a une armée de robots qui s’activent nuit et jour. Depuis qu’une navette relie le nouveau site à Marsilitown tout est beaucoup plus facile. L’eau et l’électricité arrivent de la première Mégapole pour le moment et c’est l’équipe des ingénieurs que nous attendons qui va rendre la seconde autonome.

—Basile arrive pour les finitions alors.

—On ne peut pas dire ça, la fin des travaux est programmée pour dans deux ans mais on commence à voir la ville se dessiner. Le plus dur est derrière nous. Cette cité est complètement différente de Masilitown. C’est la reproduction développée du modèle Ebios crée sur Terre par Barbara Belvisi*.

—Je vois,Basile revient d’un séjour, avec toute l’équipe des ingénieurs,  dans un des villages qu’elle a créé dans le désert des Mojaves en Californie.

__C’est formidable, il ne va pas être dépaysé.J’ai été complètement bluffé par toute la technologie que cette petite Française a développé pour rendre son concept autosuffisant.

Et il rajoute :

__ Elle a fait comme nous finalement elle a été chercher les ressources là où elle était alors que son pays ne croyait pas en son projet.

—Oui, la France a toujours manqué de discernement en laissant ses cerveaux partir à  l’étranger.

—Mais ton fils, en venant sur Mars finaliser cette cité va faire avancer ce projet grandiose.

__C ‘est ce qui nous console, car , avec sa mère, nous sommes un peu inquiets de le voir partir si loin.  Nous regrettons de n’avoir pas eu d’autres enfants qui pourraient aujourd’hui compenser le vide que son départ va laisser dans notre vie. Mais l’aventure que vous vivez Marie et toi le fait vibrer depuis si longtemps .

—Nous allons l’accueillir comme un fils Jonathan et je m’arrangerai pour que tu puisses passer de bons moments avec lui comme on le fait en ce moment.

—Le fait qu’il soit avec toi atténue beaucoup notre angoisse.

—Je comprends ce que tu ressens.  Nous ne souhaitons pas non plus qu’Ève retourne sur cette Terre mais pas pour les mêmes raisons. Les prédateurs y sont trop nombreux.

—La vie sur Terre n’a plus rien à voir avec le passé qu’elle visite.

—Marie rêve d’offrir un jour à sa fille une nouvelle terre. Elle cherche dans l’espace la planète qui permettrait de mettre en place un projet de terraformation Tu réalises le challenge ?

Ils restent silencieux tous les deux comme écrasés par le poids de ce projet.

Paul sort le premier de ce silence.

—C’est ta filleule Jonathan, alors prend bien soin de toi et guéris vite car on ne sera pas trop de trois pour la canaliser.

Jonathan relevant la tête un beau sourire illumine son visage :

—Je te promets de revenir en pleine forme dans les deux mois, tu seras avec Basile à ce moment-là et nous programmerons une conversation à trois, ce sera sympa.

Paul le fixe en lui renvoyant son sourire :

—Ok Jonathan, le compte a rebours a commencé nous allons être de nouveau séparés, merci pour tes bons conseils, je suis rasséréné. Prends bien soin de toi.

Jonathan lève le bras droit :

—Compte sur moi, au revoir Paul ! Embrasse bien ma filleule et Marie pour moi.

L’hologramme de Jonathan se dilue dans l’espace jusqu’à disparaître totalement absorbé par le mur.

Paul reste immobile pétrifié par le vide immense que laisse son ami après avoir été aspiré dans l’espace, puis il regarde l’heure et se secoue déterminé à reprendre la situation en mains avec sa fille. Il récupère le masque que Jonathan lui a envoyé. Dans un petit coffre, dissimulé dans une encoignure de la roche , il récupère la bague qu’il enfile à son annulaire puis installe dans son siège en mode relax, un léger ronronnement annonce le début d’un massage qu’il sent descendre le long de son dos.

Il connaît la procédure, mais c’est la première fois qu’il essaye cette nouvelle technologie, il sait que son nerf optique va prendre le relais de ses globes oculaires. Au préalable, il doit se connecter à la minuscule puce en or qui repose au cœur de la pierre bleue. Alors qu’il est sur le point de rejoindre la mémoire de sa grand-mère, il entend un bruit imperceptible et identifie le mécanisme de la porte quand elle s’ouvre. Il enlève son masque se redresse et fait pivoter son fauteuil dans la direction de l’entrée pour faire face aux pas qui progressent dans le couloir étroit qui accède à son espace. Il retient sa respiration une fragrance dans l’air que perçoit son nerf olfactif lui rappelle que seule Marie peut accéder à Tichy.

La dopamine*Hormone du plaisir secrétée par l’organisme humain.

 Barbara Belvisi, la « Frenchy » qui veut nous faire vivre sous cloche dans l’espace. ( Wikipedia)

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